Aurélien Billault et Jean-Baptiste Quantin coorganisent une journée d’étude intitulée
“Poètes et musiciens : liens, échanges, collaborations dans les anthologies poétiques et les chansonniers, XVe-XVIe siècles”.
À la fin du Moyen Age, l’union entre la poésie et la musique, défendue par Paul Zumthor, ne semble plus aller de soi. Qu’on soit partisan d’un divorce définitif ou bien de la persistance d’une continuité entre les deux arts, un tournant esthétique est indéniablement à l’œuvre. Machaut, « prince des poètes » et représentant majeur de l’école musicale de l’Ars Nova, éclaire les siècles suivants d’une aura lointaine, comme le symbole d’un paradis poético-musical perdu. Pourtant, quand bien même un geste poético- musical unique ne serait plus opérant, le rapport entre les deux arts doit encore être interrogé au XVe et au XVIe siècle. Et la question est encore loin d’être tranchée, en atteste le récent volume d’Edwin Duval, Concordes et discordes des muses : poésie, musique et renaissance des genres lyriques en France, (1350-1650), lequel s’attache à retracer deux siècles de poésie, chansons et poèmes mis en musique. Le chercheur défend la théorie d’une « délyrisation » : la poésie s’affranchit des formes et des cadres de la poésie lyrique chantée. Pourtant, la création de l’Académie de musique et de poésie en 1570 par Jean-Antoine de Baïf et par le musicien Joachim Thibault de Courville témoigne d’une volonté de réunir les deux arts à travers leur institutionnalisation ; c’est pourquoi l’étude centrée sur les XVe et XVIe siècles nous permettra de mieux appréhender les ruptures et les changements de paradigmes caractéristiques de ces deux périodes.
Lieu : Université Paris-Nanterre le 5 février de 9h15 à 16h30 (bâtiment Max Weber, salle de séminaire 1).
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