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Moi(s) Montaigne, Bordeaux, 6 novembre-1er décembre 2023

Sixième Moi(s) Montaigne6 novembre – 1er décembre 2023

« Regarder le monde avec Montaigne »

Invité du Moi(s) : Frédéric Tinguely

À la fin d’une période qui fut celle des « grandes découvertes » et de l’invention de l’imprimerie et qui s’acheva dans les guerres de Religion et la faillite du rêve humaniste, Montaigne pose un regard complexe sur le monde: sceptique, critique, ironique, décalé, décentré… Ce sixième Moi(s) Montaigne invite les auditeurs à regarder le monde par les yeux de Montaigne et à explorer les nouveaux horizons de la Renaissance.

Programme détaillé de l’événement : https://centre-montaigne.huma-num.fr/index.php/2023/10/06/sixieme-mois-montaigne/

Contact : LeMoisMontaigne@u-bordeaux-montaigne.fr

Imaginaire et représentation de la flûte, de la Renaissance à nos jours, Poitiers 2024

Appel à communication

Journée d’étude de l’axe Création, corpus, patrimoine du Criham, en collaboration avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de Poitiers et le département de Musicologie de l’Université de Poitiers, organisée par Clara Auger, Cécile Auzolle, Yann Bertrand, Nathan Réra (Université de Poitiers / Criham) et Clara Roupie (Université Sorbonne-Nouvelle).

• Appel à communications jusqu’au : 15 décembre 2023

• Date et lieu de la journée d’études : 4 avril 2024, Université de Poitiers

 

Argumentaire

« Je sais noyer le cœur de l’homme et de la bête »1. Imaginaire et représentation de la flûte, de la Renaissance à nos jours

Instrument emblématique de l’aristocratie européenne des Lumières magnifié par Frédéric II de Prusse, mais aussi et depuis toujours associé à la sensualité, voire à l’érotisme, le son de la flûte, de toutes les flûtes, ou encore la figure du ou de la flûtiste, irrigue l’imaginaire des artistes depuis l’Antiquité2. Songeons, par exemple, au Faune dansant, bronze d’Edouard-Louis Lequesne (1851) source d’inspiration, peut-être, de L’Après-midi d’un faune, poème de Claude Mallarmé (1876), devenu pièce orchestrale par Claude Debussy (1894) puis ballet chorégraphié par Vaslav Nijinsky (1912) avant les nombreuses œuvres de Pablo Picasso sur ce même thème comme La joie de vivre (1946) ou la Bacchanale avec un taureau noir (1958).
Quelles en sont les manifestations et le symbolisme aux périodes moderne et contemporaine dans les arts plastiques, le théâtre, le cinéma, la littérature, la poésie ? Comment et selon quels critères a évolué son répertoire et ses usages, des cours et carnavals baroques jusqu’aux musiques actuelles ? Comment la flûte est-elle-même devenue un instrument politique au service de la démocratisation de la musique dans l’éducation nationale française ?
Cette journée d’étude d’un format innovant est conçue dans une volonté de partenariat entre la pédagogie et la recherche à travers la collaboration, à l’Université de Poitiers, du département de musicologie et du centre de recherches en histoire, histoire de l’art, musicologie et anthropologie (Criham) et le Conservatoire à Rayonnement Régional de Poitiers.
Introduite et close par deux conférences-concert d’Alexis Kossenko (flûtiste soliste jouant toutes les flûtes et chef d’orchestre de Les Ambassadeurs-La Grande Écurie) et de François Veilhan (flûtiste soliste spécialiste de musique contemporaine et pédagogue), elle vise à susciter et faire dialoguer des travaux de chercheurs débutants et confirmés avec plusieurs intermèdes donnés par les élèves du CRR et les étudiant.e.s de l’Université. La programmation d’un film étudié lors de la journée d’étude est envisagée au cinéma Le Dietrich le 3 avril.

Se déroulant à l’auditorium du Pavillon Universitaire Musique et Danse le 4 avril 2024 de 9h30 à 20h, la journée d’étude sera ouverte à toutes et tous sur inscription.

 


1 – Jean Richepin, « La Flûte », La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, 1881, p. 39.
2 – Florence Gétreau, Voir la musique, Paris, Citadelles et Mazenod, 2017.

Séminaire Dialogue des temps : la fabrique de l’épigramme, jeudi 19 octobre 2023

« Faire court » : la fabrique de l’épigramme,

de l’Antiquité à la Renaissance.

 

 

Séminaire Dialogue des temps (groupe Mouseion, équipe CELLAM, Université Rennes 2), jeudi 19 octobre 2023.

14h15-15h15

Céline Urlacher-Becht (U. Strasbourg) :

Qu’est-ce qu’une épigramme littéraire ? Essai de synthèse

15h15-16h15

Virginie Leroux (EPHE) :

L’épigramme dans les poétiques de la Renaissance

Organisation et contact : anne.rolet@univ-rennes2.fr

Lieu : Université de Rennes 2, Campus Villejean, UFR ALC, Bât. B, salle recherche.

 

ERC AGRELITA – Appel à candidature “Chercheurs invités”

Appel à candidature « Chercheurs invités »

ERC AGRELITA

2024

 

Dans le cadre du Projet ERC Advanced Grant AGRELITA n° 101018777, « The reception of ancient Greece in pre-modern French literature and illustrations of manuscripts and printed books (1320-1550): how invented memories shaped the identity of European communities », dirigé par Prof. Catherine Gaullier-Bougassas (Principal Investigator), des résidences de chercheurs invités sont à pourvoir.

Le projet et son équipe sont présentés sur le carnet Hypothèses : https://agrelita.hypotheses.org/

Cet appel à candidature s’adresse à toute personne, française ou étrangère, titulaire d’un doctorat en lettres, histoire de l’art ou histoire, dont les travaux portent sur l’histoire du livre, l’histoire culturelle et politique, les visual studies ou encore les memory studies, et dont les compétences, enfin, sont complémentaires à celles de l’équipe. En effet, le but de ces résidences est d’ouvrir les réflexions menées par l’équipe, d’élargir son activité scientifique par une interaction avec d’autres chercheurs et d’autres universités. Les chercheurs invités auront quant à eux l’opportunité exceptionnelle de participer à un projet d’ampleur, de mener des activités au sein d’une équipe dynamique dont les activités sont très variées et au sein de l’Université de Lille et du laboratoire ALITHILA où exercent de nombreux spécialistes du Moyen Âge et de la Renaissance, et de publier dans un cadre prestigieux.

Le projet AGRELITA est basé à l’Université de Lille. Situé dans le nord de la France, Lille est une ville au cœur de l’Europe : 35 mn de Bruxelles, 1 h de Paris, 1 h 20 de Londres ou encore 2 h 40 d’Amsterdam et 2h30 d’Aix la Chapelle. Résider dans cette métropole offre la possibilité de découvrir le riche patrimoine médiéval des Flandres et d’effectuer des recherches dans les bibliothèques, musées et archives avoisinants, aux très riches fonds patrimoniaux (Lille, Saint-Omer, Valenciennes, Boulogne-sur-Mer, Cambrai, Arras, Bruxelles).

Projet ERC Advanced Grant AGRELITA

L’histoire de la réception de la Grèce antique en Europe occidentale pré-moderne s’est concentrée jusqu’ici presque exclusivement sur la transmission des textes de l’Antiquité grecque. Pourtant, bien avant la renaissance de l’enseignement du grec, de nombreux ouvrages vernaculaires, souvent illustrés, contenaient des représentations élaborées de la Grèce antique. AGRELITA étudie un large corpus d’œuvres littéraires de langue française (historiques, romanesques, poétiques, didactiques) produites de 1320 à 1550 en France et en Europe, avant les premières traductions directes du grec au français, ainsi que les images offertes par leurs manuscrits et livres imprimés. L’examen de ces œuvres et de leurs illustrations (dialogue du texte et de l’image et pouvoirs spécifiques de chacun) permet d’analyser les représentations de la Grèce antique dans la perspective encore inexplorée de l’élaboration d’une nouvelle mémoire culturelle. Elles sont ainsi étudiées en lien avec leur contexte politique, social et culturel, ainsi qu’en lien avec les œuvres des littératures européennes proches et leurs illustrations. Se situant aux frontières des études littéraires, de l’histoire du livre et de l’histoire de l’art, des visual studies, de l’histoire culturelle et politique et des memory studies, AGRELITA propose une réévaluation du rôle joué par la Grèce antique dans les processus de formation des identités en Europe occidentale. Le projet vise également à contribuer à une réflexion générale sur la formation des mémoires, des héritages et des identités.

Missions des chercheurs invités

Le projet ERC Advanced Grant AGRELITA est financé pour cinq ans (2021-2026) et dispose d’un budget dédié à l’accueil de chercheurs invités. Il est basé à l’Université de Lille, dans la faculté des Humanités (https://humanites.univ-lille.fr/) et le laboratoire ALITHILA (Analyses littéraires et histoire de la langue), domiciliés sur le campus Pont de Bois à Villeneuve d’Ascq. Les séjours peuvent être d’une durée de 4 à 6 semaines, et en 2024 pourront avoir lieu en mai-juin.

Les chercheurs invités travailleront avec la Principal Investigator et l’équipe AGRELITA.

Les chercheurs invités s’engageront à produire une recherche pour le projet. Il s’agira de :

  • rédiger un article de 50 000 signes qui paraîtra dans l’un des volumes ERC AGRELITA chez Brepols publishers, ou dans l’un des dossiers publiés en revues
  • présenter le sujet de l’article ou un autre sujet lié à AGRELITA lors d’une séance du séminaire de l’équipe
  • contribuer à l’alimentation du carnet Hypothèses : https://agrelita.hypotheses.org/

Les axes de recherche du projet pour l’année 2024 sont « Inventions de mythes d’origine grecque », « Les nouvelles vies des divinités grecques (XIVe-XVIe siècles) » et « Violences et culture du viol dans la réception des mythes grecs (XIVe-XVIe siècles) ». (Argumentaires à venir dans la rubrique « Événements AGRELITA » du site du projet : https://agrelita.hypotheses.org/ )

Conditions de défraiement des frais de mission

Les chercheurs invités seront défrayés sous la forme de frais de mission, sur la base d’un montant forfaitaire de 2000 euros maximum par mois, pour les frais de résidence à Lille, à partir de leurs justificatifs (logement, repas et transport dans la région Nord). Un montant forfaitaire maximal de leurs frais de voyage entre la résidence d’origine et Lille (pour le voyage d’aller et de retour) s’ajoutera à ce forfait :

– 400 € pour un voyage depuis un pays européen (sur la base de justificatifs) ;

– 1200 € pour un voyage depuis un pays hors Europe (sur la base de justificatifs)

 Le défraiement se fera à l’issue de la mission. AGRELITA ne s’occupera pas des démarches de visas.

L’Université de Lille possède un partenariat permettant de louer des studios à la Résidence Universitaire Reeflex : https://reeflex.univ-lille.fr/chercheur ; ainsi qu’à la Maison Internationale des Chercheurs : https://www.crous-lille.fr/se-loger/je-cherche-un-logement/notre-offre-logement-courts-sejours/4883-2/ Les chercheurs invités peuvent en faire la demande et l’équipe AGRELITA se chargera de les aider pour la réservation, dans la limite des places disponibles.

Modalités pour candidater

Le dossier de candidature doit comporter les pièces suivantes :

  • Le formulaire de candidature, comportant les dates du séjour (durant la période indiquée plus haut)
  • Un projet de recherche (2 pages) en lien avec les thématiques des sujets traités par l’équipe AGRELITA durant ce séjour, à partir duquel le/la chercheur entend rédiger l’article demandé, à rendre à la fin du séjour. Le titre provisoire de l’article est exigé.

Nous vous prions d’envoyer votre candidature au format PDF aux adresses suivantes : catherine.bougassas@univ-lille.fr et erc-agrelita@univ-lille.fr Les dossiers peuvent être soumis avant le 1erfévrier 2024.

Pour plus d’informations sur l’ERC AGRELITA, voir : https://agrelita.hypotheses.org/

Formulaire de candidature à télécharger ici.

“Le Livre noir” n°4 (1516-1521). Un registre de cour criminelle à Fribourg

 Le livre noir no 4 (1516-1521), Lionel Dorthe (éd.), Fribourg, 2022, 212 pages.

Un registre de cour criminelle contenant les procès de la lie de la canaille : brigands, voleurs et voleuses, escrocs, sorciers et sorcières, qui sont jugés et condamnés à Fribourg.

 

 

Le Livre noir n° 4 (1516–1521) édité par Lionel Dorthe

Le Livre noir (Das Schwartz Büch) n° 4 tire son nom de la couleur de sa couverture en parchemin, noircie à la cendre. Il appartient à la série des Thurnrodel (registres des tours), qui contiennent les procès-verbaux des interrogatoires menés dans les prisons fribourgeoises par le tribunal de la ville. Les procès menés contre les prévenus, accusés de brigandage, vol, crime contre-nature ou sorcellerie, sont rédigés dans leur langue, français ou allemand, témoignant du bilinguisme en vigueur à Fribourg. La présente édition est la première d’un tel registre faite au complet. Elle est par ailleurs assortie d’extraits de sources en lien avec les affaires criminelles qui y sont contenues (comptes-rendus des séances du gouvernement, comptabilité urbaine, procès menés dans une juridiction voisine).

La Bibliotheca Otolandana est une collection fondée et dirigée par Lionel Dorthe, publiée sous les auspices des Archives de l’État de Fribourg. Elle a pour mission l’édition scientifique de sources historiques qui y sont conservées et/ou qui ont un lien avec l’histoire fribourgeoise.

Contact/commande : archivesetat@fr.ch

CHF 29 jusqu’au 30.04.2024, ensuite CHF 39

Formation aux outils de la recherche sur le XVIe siècle, 26 janvier 2024

Formation aux outils de la recherche sur le XVIe siècle

Journée de formation de la SFDES organisée par Christine Bénévent

à l’École nationale des chartes

le vendredi 26 janvier 2024

Comment identifier les sources disponibles ? Comment se repérer dans le labyrinthe des archives ? Que peut nous révéler la matérialité d’un livre ancien sur ses conditions de production et de réception et comment l’interroger ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles cette journée se propose de commencer à répondre.

Matinée : conférences

Salle Delisle

  • 9h : accueil
  • 9h15 : « Les fonds des Archives nationales : histoire et organisation », par Olivier Poncet (École des chartes / CJM)
  • 10h15 : « Les ressources en histoire du livre aux Archives nationales », par Thierry Claerr (Bibliothèque des Archives nationales / CJM) et Olivier Grellety-Bosviel, docteur en histoire du livre (EPHE) et en musicologie (université de Poitiers)

Pause

  • 11h30 : « L’archéologie du livre et la recherche en littérature », par Christine Bénévent (École des chartes / CJM)

Déjeuner libre

Après-midi : ateliers

Salle des Conseils et bibliothèque

Trois ateliers pouvant accueillir des groupes de 12/15 personnes auront lieu trois fois chacun, entre 14h et 17h30.
Durée de chaque atelier : environ 1 heure. Débuts à 14h, 15h15 et 16h30.
→ Inscription préalable obligatoire

  • Atelier 1 : « L’identification des caractères et ornements typographiques », par Rémi Jimenes (université de Tours / CESR), Bibliothèque de l’École des chartes, rez-de-chaussée
  • Atelier 2 : « L’identification et la datation des reliures », par Lucie Moruzzis (atelier de restauration des Archives nationales / CJM), Bibliothèque de l’École des chartes, Rotonde
  • Atelier 3 : « Origami (de la feuille au cahier, des cahiers au livre) », par Christine Bénévent (École des chartes / CJM), École des chartes, salle des Conseils (5e étage)

Inscription obligatoire avant le 15 décembre ici.

Gilles Corrozet, un libraire-auteur au temps de la Renaissance

En lisant en écrivant.

Gilles Corrozet, un libraire-auteur

au temps de la Renaissance

Colloque organisé par Pascale Chiron, Antonin Godet, Trung Tran et Magali Vène

les 5 et 6 octobre 2023

à l’Université de Toulouse Jean Jaurès et à l’Hôtel d’Assézat

Télécharger le programme du colloque.

Pour suivre le colloque en ligne, veuillez contacter Trung Tran : trung.tran@univ-tlse2.fr

LA « RENAISSANCE » DANS LES UNIVERSITÉS ET LES INSTITUTIONS DE RECHERCHE AU XXIE SIÈCLE

La “Renaissance” dans les universités et les institutions de recherche au XXIe siècle (Europe septentrionale) : fabrique et pratiques d’un objet d’étude et d’enseignement

28-29 septembre 2023, Louvain

Organisation : Agnès Guiderdoni et Elsa Kammerer

Télécharger le programme.

Dans le cadre des journées d’études Renaissances. Mots et usages d’une catégorie historiographique (voir le site du projet : https://www.renaissances-upl.com)

La mort de Marc-Antoine. Enquête sur les comédiens italiens à Paris en 1559

Guy-Michel Leproux, La mort de Marc Antoine. Enquête sur les comédiens italiens à Paris en 1559, Paris, 2023, 128 p., 11 ill., 27 euros.

 

 

Au début de l’été 1559, le comédien vénitien Macantonio Sidonio, que les Français appelaient Marc Antoine, était à Paris où il préparait un spectacle destiné à être joué devant le Roi à l’occasion des noces d’Élisabeth de Valois. Le 7 juillet, au matin, on trouva son corps percé de trente-sept coups d’épée dans la chambre qu’Alphonse d’Este, prince de Ferrare, avait mis à sa disposition à l’hôtel de Reims. L’enquête qui fut menée par la justice de la Prévôté de l’Hôtel apporte un éclairage sur ce drame et fournit, grâce aux dépositions des témoins et des suspects publiées ici in extenso, un témoignage exceptionnel sur la vie des troupes italiennes dans la capitale sous le règne de Henri II.

Pour commander l’ouvrage, s’adresser à : ihp@gmx.fr.

La Bibliothèque bleue : réemploi et révision textuels

Colloque international, université Grenoble Alpes, amphithéâtre de la MSH, 21-22 mars 2024

La Bibliothèque bleue : réemploi et révision textuels

Appel à communications

 

 

La Bibliothèque bleue est une collection de livres à succès qui a abondamment alimenté le marché français de l’édition entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. Elle doit son nom à l’habitude des imprimeurs de ses débuts de protéger les feuillets fragiles et mal reliés des exemplaires par du papier bleu-gris. Ces ouvrages à l’aspect rudimentaire, accessibles à toutes les bourses et transportables par des colporteurs, ont été produits dans des régions alphabétisées, dans un premier temps la Champagne et la Normandie. Environ cinquante villes ont été impliquées au total, dont dix principales : Troyes, Rouen, Caen, Limoges, Avignon, Toulouse, Orléans, Tours, Lille, Épinal et Montbéliard. Les titres concernés sont au nombre d’environ quatre-cents ; les cent premiers constituent le noyau dur du répertoire. On peut en consulter des exemplaires dans des bibliothèques du monde entier, dont les principales sont, pour la France, la Médiathèque du Grand Troyes (catalogue en ligne avec de nombreuses éditions numérisées), la Bibliothèque du Mucem (catalogue prochainement mis en ligne) et la Bnf, malgré une grande déperdition dans le temps.

Le phénomène éditorial n’a été reconnu que tardivement par la critique comme un objet digne d’étude. Après les travaux d’histoire sociale et d’histoire de la lecture de R. Mandrou dans les années 1960, sont venus ceux d’histoire de la lecture et de l’édition de R. Chartier et ceux d’histoire de l’édition et les analyses littéraires de G. Bollème et de L. Andries à partir des années 1980 jusqu’au début des années 2000. Aujourd’hui on commence à prendre en compte sa dimension provinciale, comme l’attestent les recherches de M.-D. Leclerc et de J.-D. Mellot. On se met aussi à discuter sur ses bornes temporelles. Les spécialistes retiennent traditionnellement l’année 1600, voire précisément le début de l’activité de Nicolas I Oudot (c. 1606-1636) à Troyes, comme terminus a quo. Mais H. Blom remarque à juste titre que les romans produits notamment par Pierre I Rigaud, Jean-Antoine III Huguetan et Claude Chastellard à Lyon sont proches dans leur contenu et leur facture de ceux qui ont été publiés à la même époque par Nicolas I Oudot à Troyes et par Pierre Mullot et les Costé à Rouen, ce qui l’incite à étendre la notion de « Bibliothèque bleue » à des éditions produites à partir des dernières années du XVIe siècle dans ces trois centres. Il nous semble pour notre part que ce n’est qu’avec Nicolas II Oudot (1640-1677) à Troyes que prend forme une volonté de concevoir des éditions pour une diffusion à grande échelle et à faible coût. Alors que son père veillait encore à soigner la facture des romans et des livres de piété qu’il imprimait, à la manière précisément de ses confrères lyonnais et rouennais, N. II sélectionne certes des versions vulgarisées d’anciens titres, produits originellement pour un lectorat restreint, mais les configure pour le grand public. L’identification du terminus ad quem de la collection pose moins de difficultés : la production de livres bleus faiblit considérablement vers 1830 et s’arrête tout à fait au milieu du XIXe siècle. La collection se définit donc par des stratégies d’impression massive et à bas coût en vue de capter un lectorat très large.

Un point en particulier reste mal éclairci par la critique : la façon dont se met en place le mécanisme du réemploi et de la révision textuels. Le réemploi consiste d’abord dans la reprise de titres produits antérieurement. Au début de la collection, dès 1640, on trouve surtout des œuvres composées et remaniées entre le XIVe et le XVIe siècle. Des domaines variés, recouvrant différents genres de textes, sont concernés : l’instruction (abécédaires, arithmétiques, livres de civilité), la morale et la dévotion (œuvres morales, vies de saints, pèlerinages, noëls), les métiers (manuels de botanique, jardinage ou médecine), l’imagination (contes de fées, romans), les pièces à rire (chansons, cris de ville), et même la magie et les sciences occultes (livres de secrets, Prophéties de Nostradamus). Le contenu des textes publiés selon la formule de la Bibliothèque bleue correspond souvent à une forme plus ou moins simplifiée d’ouvrages encyclopédiques relatifs aux domaines correspondants.

Les titres sélectionnés font ensuite l’objet d’une révision plus ou moins importante. Les imprimeurs sollicitent en effet des réviseurs anonymes, qui héritent des techniques de sélection et de vulgarisation des textes mises en œuvre à partir du XVe siècle et qui se sont perfectionnées jusqu’au début du XVIIe siècle. Les modifications opérées peuvent être réparties en trois catégories : celles qui portent sur la structure du texte et sur le péritexte (découpage en sections, chapitres et paragraphes, nombre d’illustrations), celles qui touchent au contenu (suppression, ajout ou transformation de passages, qu’il s’agisse de segments de phrases, d’un ensemble de phrases ou de paragraphes entiers) et celles qui concernent la langue (orthographe, ponctuation, lexique et syntaxe). Concernant les modifications du contenu textuel, R. Chartier remarque le rôle de la censure, qui semble purger progressivement les textes de toute évocation du « bas matériel et corporel » et du blasphème.

Partant du constat d’une cohérence d’ensemble des choix faits pour sélectionner et réviser les œuvres, qui sont d’ailleurs à l’origine de l’existence même d’une collection, nous émettons l’hypothèse qu’un véritable travail d’édition est effectué dans les ateliers des imprimeurs. Contre l’idée d’une inertie de ces derniers, nous souhaitons voir comment se manifeste au plan textuel une volonté de faire des livres que l’on qualifie à raison aujourd’hui « de grande diffusion », plutôt que de « populaires », car les lecteurs n’appartiennent pas nécessairement au peuple. Nous souhaitons centrer l’enquête sur les débuts de la collection (1640-1700), sans exclure les ouvertures au-delà de cette période. Les travaux pourront porter sur un titre en particulier ou un ensemble de titres relatif à un genre, sur les stratégies éditoriales d’un imprimeur en particulier ou d’une dynastie d’imprimeurs ou sur d’autres aspects de la constitution et du développement de la collection. Ils gagneront à adopter une démarche philologique, de façon à fonder de manière solide les analyses du devenir des titres à l’entrée dans la collection (1640-1700) et, si nécessaire, dans les décennies suivantes. Nous invitons à procéder à la comparaison des états textuels avec l’amont (les texte-sources du XVIe siècle et des siècles précédents) et éventuellement avec l’aval (les éditions du XVIIIe siècle).

Toutes les pistes qui permettent de cerner les modalités et les enjeux des choix effectués par les éditeurs de la Bibliothèque bleue sont bonnes à suivre. Plusieurs semblent particulièrement prometteuses :

  • –  le travail de sélection : une fois identifiée l’œuvre à l’origine de tel ou tel titre, il faut déterminer la ou les éditions qu’a pu consulter tel ou tel éditeur ; il s’agit aussi de voir la position de celles-ci dans la tradition textuelle ;
  • –  le travail de révision : il serait bon de repérer les remaniements effectués et d’en identifier la nature, matérielle ou textuelle ; au plan matériel, cela implique d’examiner la mise en page et le péritexte, notamment les illustrations ; au plan textuel, cela amène à voir le découpage en sections, les ajouts ou les suppressions de passages et les choix linguistiques ; il faudrait alors se demander si ces interventions changent la lecture du texte, qu’elles la facilitent ou l’orientent idéologiquement :
  • –  l’évolution du texte ou des textes au sein de la collection : il semble intéressant de comparer les versions d’un même titre entre les différents centres de production et d’un imprimeur à l’autre au sein d’un même centre de production ; cela permettrait de mettre au jour la filiation des éditions bleues et de voir s’il y a ou non une permanence du texte une fois le titre entré dans la collection.

Les propositions de communication, qui prendront la forme d’un résumé de 5 à 10 lignes assorti d’un titre, sont attendues pour le 1er décembre 2023 au plus tard.

 

Comité scientifique

Helwi Blom (Radboud Universiteit)
Marie-Dominique Leclerc (Université de Reims Champagne-Ardenne) Elisa Marazzi (université de Milan)
Jean-Dominique Mellot (Bnf)

Comité d’organisation

Pascale Mounier (université Grenoble Alpes, UMR 5316 Litt&Arts) Pauline Saccol (université Grenoble Alpes, UMR 5316 Litt&Arts)

Contact

mounier.pascale@wanadoo.fr

pauline.saccol@univ-grenoble-alpes.fr

 

Pour plus d’informations, cliquer ici.

Concert Louise Labé, 16-17 septembre 2023

LABOR LABÉ
CONCERT PIANO-VOIX
Samedi 16 et dimanche 17 septembre à 16h

Mise en musique (piano-voix) d’une dizaine des sonnets de Louise Labé (1524-1566), poétesse française majeure du 16e siècle dont on sait qu’elle les chantait et jouait. Sa poésie unique et intemporelle y est abordée comme une narration miniature où résonnent des thèmes qu’on définirait aujourd’hui féministes.

Avec Agnès Guipont, musicienne et autrice
Durée : 40 mn

Infos pratiques sont sur le site de l’Espace des Femmes : https://www.espace-des-femmes.fr/journees-du-matrimoine-2023/

Réservations ici : https://hf-idf.org/le-matrimoine/

Les manifestations sont gratuites mais les places limitées.

Le métier de peintre en Europe au XVIe siècle

Le métier de peintre en Europe au XVIe siècle, sous la direction de Michel Hochmann, Guy-Michel Leproux et Audrey Nassieu Maupas, Paris, 2023, 773 pages, ill. en couleurs, ISBN : 978-2-490448-12-8.

Le projet « Pictor » a réuni pendant cinq ans des historiens de l’art français, italiens, espagnols, suisses et belges qui s’étaient fixé comme objectif commun d’examiner, dans une approche comparatiste, les conditions d’exercice du métier de peintre au XVIe siècle dans les grands centres artistiques européens, en liaison avec l’étude de la mobilité des artistes. Leurs recherches et la confrontation de leurs résultats à l’occasion de plusieurs journées d’études et colloques leur ont permis d’apporter des éclairages nouveaux sur de l’art de la Renaissance, à une époque où le travail était encore largement réglementé.

Ce volume est la synthèse de leurs travaux, qui ont été regroupés sous quatre grands thèmes : la population des peintres dans les grands centres artistiques européens, la réglementation du métier et ses conséquences sur la production, la formation des peintres et la question des savoirs, des méthodes et des techniques.

Consulter la table des matières ici.

Pour commander l’ouvrage, s’adresser à : karolina.kaderka@ephe.psl.eu