Tous les articles par Estelle Leutrat

Le Verger. Bouquet XXVI – Une débauche de noir : la couleur noire à la Renaissance

Le Verger. Bouquet XXVI

Une débauche de noir : la couleur noire à la Renaissance.

 

 

Sous la direction de Charles-Yvan Élissèche, Estelle Leutrat et Adeline Lionetto

 

Charles-Yvan Élissèche, Estelle Leutrat et Adeline Lionetto : Introduction – La Renaissance, un âge d’or de la couleur noire ? 

Les mots pour dire le noir

Élodie Ripoll : Le noir dans l’épistémologie visuelle de la Renaissance – Approche quantitative et diachronique.

Fabriquer le noir

Pauline Deschamps-Kahn : La mise en œuvre des pigments et la pratique picturale pour la représentation des étoffes noires en Italie au XVIe siècle : une enquête historique et scientifique.

Anthony Le Berre : Se noircir le poil : les recettes des médecins face aux canons de beauté de la Renaissance.

L’œuvre au noir

Doriane Moenaert : Nigrum nigrius nigro – Le noir à l’œuvre dans les écrits attribués à George Ripley.

Véronique Adam : Composition et représentations de la couleur noire dans les textes littéraires partiellement alchimiques (1515-1618).

Valeurs et significations

Louise Millon-Hazo : Le noir et les autres couleurs dans l’Histoire d’un voyage faict en la terre du Brésil du calviniste Jean de Léry.

Guillaume Bunel : Prodiges de l’Histoire naturelle, métaphores cosmiques et symboles religieux : l’usage du noir dans les canons musicaux transmis par Pietro Cerone (1613).

Anne Beyaert-Geslin : Le conflit de valeurs du roi Balthazar : approche sémiotique de la couleur noire.

Charles-Yvan Élissèche : Le manteau noir de Nuestra Señora de la Soledad à Bruxelles aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Compte rendu

Gautier Amiel : compte rendu de l’ouvrage Lettrines pour Arena. Acrostiche romancé de Marie-Joëlle Louison-Lassablière.

 

Lien vers le site Cornucopia.

Des Nefs des folles à l’Éloge de la Folie, conférence d’Olga Anna Duhl, Paris 24 novembre

Des Nefs des folles à l’Éloge de la Folie : perspectives transculturelles au tournant du XVIe siècle

 

 

Olga Anna Duhl, professeure au Lafayette College (États-Unis), invitée à l’École sur proposition de Christine Bénévent, professeur d’Histoire du livre, donne une conférence intitulée « Des Nefs des folles à l’Éloge de la folie : perspectives transculturelles au tournant du xviesiècle ».

Vendredi 24 novembre 2023 à 17 h 00

École des chartes – PSL, 65, rue de Richelieu, Paris 2e (salle Delisle)

Inscription obligatoire

Dans la mouvance de la Nef des fous de Sébastien Brant, les Stultiferae naves (Les Nefs des folles), prosimètre latin composé vers 1500 par l’imprimeur humaniste Josse Bade, offrent une perspective vétérotestamentaire de la folie du monde visant à concilier la doctrine de l’imitation du Christ et l’héritage classique. Cet effort de synthèse entraîne à son tour deux types d’adaptation culturelle : d’une part, la Nef des folles selon les cinq sens de nature réalisée par Jean Drouyn, qui s’inscrit dans la tradition didactique de la Nef des fous ; d’autre part, l’Éloge de la Folie d’Erasme, chef-d’œuvre de la pensée paradoxale qui exercera une influence non négligeable sur l’esthétique humaniste renaissante.

 

Olga Anna Duhl
Professeure de Français au Lafayette College (Etats-Unis)

Olga Anna Duhl est professeure de Français, titulaire de la chaire Oliver Edwin Williams, fondatrice et coprésidente du programme d’études médiévales, de la Renaissance et de la pré-modernité du Lafayette College (Etats-Unis).

Spécialiste de la littérature, de la rhétorique et du théâtre français des années 1450-1550, elle a publié des monographies, des éditions critiques, ainsi que des ouvrages collectifs, notamment :

  • Poétique du drame, drame du poétique – Enjeux du sujet dans le théâtre, des rhétoriqueurs à Marguerite de Navarre, Paris, Classiques Garnier, 2023
  • Les Cinq sens entre Moyen Âge et Renaissance : enjeux épistémologiques et esthétiques, avec Jean-Marie Fritz, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2016
  • La Nef des folles, trad. Jehan Drouyn et al., Paris, Classiques Garnier, Textes de la Renaissance 190, 2013
  • Amour, sexualité et médecine aux xve et xvie siècles, Éditions universitaires de Dijon, 2009
  • Sotise a huit personnaiges [le Nouveau Monde], Genève, Droz, Textes littéraires français 573, 2005
  • Quêtes spirituelles et actualités contemporaines dans le théâtre de Marguerite de Navarre, Renaissance and Reformation/Renaissance et Réforme, Special Issue, XXII, Fall 2002, Canadian Society for Renaissance Studies, Toronto, Canada
  • Le Théâtre français des années 1450-1550 : état actuel des recherches, Dijon, Centre de recherches « Le Texte et l’Édition », Université de Bourgogne, 2002

Olga Anna Duhl est également co-conservatrice de l’exposition « ‘A True Friend of the Cause’: Lafayette and the Anti-Slavery Movement » (Grolier Club, New York, décembre 2016-février 2017) dont elle a coédité le catalogue. Elle prépare une exposition internationale consacrée à « Lafayette et les Amériques », en partenariat avec les Archives nationales et l’École des chartes – PSL, à l’occasion du 250e anniversaire de l’Indépendance des États-Unis.

Chercheuse invitée à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris-3 en 2017, elle a été nommée la même année Chevalier dans l’Ordre des Palmes Académiques par le ministère de l’Éducation du gouvernement français.

Voir le site de l’École nationale des chartes.

Expériences sourdes (XVIe-XVIIIe siècles). Amiens, 16 novembre 2023

Journée d’étude 16 novembre 2023 : Expériences sourdes. De l’abbaye Saint-Jean d’Amiens au domaine français (XVIe-XVIIIe siècles)

Sous-titrée par transcription simultanée

Entrée libre sans inscription

Lieu : Musée de Picardie, auditorium, 2 Rue Puvis de Chavannes, Amiens

Contacts : audrey.duru@u-picardie.fr et emmanuelle.berthiaud@u-picardie.fr

La journée vise à rendre plus visible dans l’écriture de l’histoire l’expérience de la surdité antérieurement à l’enseignement de la langue des signes française. De manière pluridisciplinaire, elle entend scruter les traces et les archives de la condition sourde à l’époque moderne en France (XVIe-XVIIIe siècles). Peut-on faire émerger de nouveaux sujets d’étude, par quelles figures, quels contextes d’activité et de production, et quels groupes constitués par les interactions entre personnes sourdes et leur environnement ? Peut-on approcher davantage les normes de l’action sourde et leurs contraintes, les déterminations par le groupe entendant ?

Plusieurs communications seront consacrées à Amiens, à partir des pensionnaires sourds identifiés dans l’abbaye prémontrée Saint-Jean du dernier tiers du XVIIe siècle aux années 1740, notamment d’Etienne de Fay (ca 1669-1746), sourd prélingual à l’instruction poussée. La figure de ce dernier a acquis une dimension légendaire, ce qui invite à reprendre l’examen de sa trajectoire, de ses collaborations et productions. Ces figures seront mises en perspective grâce à différentes enquêtes à la même époque, en Picardie et au-delà, portant sur la culture sensorielle (art oratoire), l’histoire du droit, les archives notariées en général.

Dans le cadre du projet régional « Anamorphose », la journée interrogera les obstacles qui contribuent à l’invisibilité du patrimoine sourd en Picardie et ailleurs. Qu’est-ce qui fait trace de la surdité ? Qu’est-ce-qui n’accède pas à la valorisation collective dans l’histoire de la société des personnes entendantes et sourdes ? Pourquoi les productions d’artistes consacrés (au XVIe siècle, le poète Ronsard) sont-elles patrimonialisées au prix de l’effacement de la surdité de leur auteur ?

9 h 30 Audrey Duru

Professeure de littérature française du xvie siècle (Upjv, TrAme)

Emmanuelle Berthiaud

Maîtresse de conférences en histoire moderne (Upjv, CHSSC)
Traces de l’expérience sensorielle et surdité (Picardie et domaine français)

Saint-Jean d’Amiens et l’expérience sourde
Présidence : François Séguin, conservateur du patrimoine (Musées d’Amiens)
10 h Martine Plouvier

Conservatrice en chef honoraire du patrimoine
L’abbaye Saint-Jean d’Amiens dans l’ordre prémontré

10 h 30 Scarlett Beauvalet

Professeure émérite d’histoire moderne (Upjv, CHSSC)
La tradition historiographique dans Saint-Jean et la chronique de Postel

10 h 50 Discussion
11 h 05 Pause
Surdité et culture sensorielle
Présidence : Ninon Dubourg, chargée de recherche FRS-FNRS en histoire médiévale (ULiège, UR Transitions)
11 h 20 Emmanuelle Berthiaud

Maîtresse de conférences en histoire moderne (Upjv, CHSSC)

Audrey Duru

Professeure de littérature française du xvie siècle (Upjv, TrAme)
Étienne de Fay, retour aux sources

11 h 50 Cinthia Méli

Chargée de cours en littérature du xviie siècle (Univ. de Genève)
Prêcher avec les mains ? Le geste dans les traités de rhétorique français du second xviie siècle

12 h 10 Discussion
12 h 30 Fin de la matinée
Approche dans les archives et par cas
Présidence : Pauline Ferrier-Viaud, maîtresse de conférences en histoire moderne (Artois, CREHS)
  14 h Hervé Bennezon

Docteur HDR en histoire moderne (Upjv, CHSSC)
Traces de l’expérience sourde à partir des registres paroissiaux et des actes notariés en Picardie, xviie-xviiie siècles

14 h 20 Nicolas Laurent-Bonne

Professeur de droit (Upec, MIL)
Sur le testament sourd, première modernité

14 h 40 Discussion
14 h 55 Pause
Ronsard, visibilité et effacement de la surdité
Présidence : Flora Amann, chercheuse post-doctorale (Univ. St-Étienne, IHRIM)
15 h 10 Audrey Duru

Professeure de littérature du xvie siècle (Upjv, TrAme)
Ronsard, poète national sourd

15 h 30 Jérôme Laubner

Maître de conférences en littérature du xvie s. (Montpellier, IRCL)
Sourd car vérolé : représentation de la surdité de Ronsard en contexte polémique

15 h 50 Discussion
16 h 45 Fin de la journée
 
  17 h François Séguin

Conservateur du patrimoine (Musées d’Amiens)

Parcours des collections du Musée en lien avec l’abbaye Saint-Jean et Étienne de Fay (visite non sous-titrée, sur réservation en raison du nombre limité de places)

Journée organisée
dans le cadre du CPER « Anamorphose » (région Hauts-de-France)
en partenariat avec les UR Upjv TrAme et CHSSC
ainsi que le Musée de Picardie et la Bibliothèque d’Amiens Métropole

Responsabilité scientifique et organisation :
Scarlett Beauvalet (Upjv, UR 4289 CHSSC)
Emmanuelle Berthiaud (Upjv, UR 4289 CHSSC)
Audrey Duru (Upjv, UR 4284 TrAme)

Natalie Zemon Davis (1928-2023)

C’est avec une profonde tristesse que la SFDES a appris la disparition de la grande historienne Nathalie Zemon Davis, survenue le 21 octobre 2023. Elle laisse une œuvre riche et inspirante, à la croisée de l’histoire et de nombreuses autres disciplines comme l’anthropologie ou la linguistique. Un hommage lui sera rendu dans le Bulletin et sur le site de la SFDES.

 

Le CA de la SFDES

Actualités du Recensement de la peinture produite en France au XVIe siècle, 24 novembre INHA

Table ronde : « Actualités du Recensement de la peinture produite en France au XVIe siècle : La peinture en région parisienne et le portrait provincial » (Paris, 24 novembre 2023)

 

 

Paris, Institut national d’histoire de l’art. Galerie Colbert, salle Giorgio Vasari. 24 novembre 2023, 18h-19h30.

 

Cette rencontre coïncidera avec la mise en ligne d’une nouvelle tranche du « Recensement de la peinture produite en France au XVIe siècle », et sera l’occasion d’évoquer les recherches effectuées au cours de l’année. Le propos portera d’une part sur la peinture à Paris et en région parisienne, et plus précisément sur le recensement qui a été initié dans les églises parisiennes et dans l’actuel département de l’Essonne. Il évoquera également l’étude systématique qui a été parallèlement consacrée au portrait dit « provincial », production abondante mais bien souvent éclipsée au profit du portrait de cour.

Comité scientifique :
Frédéric Elsig (université de Genève), Clémence Raccah (INHA), Cécile Scailliérez (musée du Louvre)

Parmi les intervenants et les intervenantes :
Céline Cachaud (musée du Louvre), Frédéric Elsig (université de Genève), Camille Larraz (université de Genève), Clémence Raccah (INHA), Cécile Scailliérez (musée du Louvre)

Programme de recherche : 
« Recensement de la peinture produite en France au XVIe siècle » (domaine Histoire des collections, des institutions artistiques et culturelles, économie de l’art)

Imaginaire et représentation de la flûte, de la Renaissance à nos jours, Poitiers 2024

Appel à communication

Journée d’étude de l’axe Création, corpus, patrimoine du Criham, en collaboration avec le Conservatoire à Rayonnement Régional de Poitiers et le département de Musicologie de l’Université de Poitiers, organisée par Clara Auger, Cécile Auzolle, Yann Bertrand, Nathan Réra (Université de Poitiers / Criham) et Clara Roupie (Université Sorbonne-Nouvelle).

• Appel à communications jusqu’au : 15 décembre 2023

• Date et lieu de la journée d’études : 4 avril 2024, Université de Poitiers

 

Argumentaire

« Je sais noyer le cœur de l’homme et de la bête »1. Imaginaire et représentation de la flûte, de la Renaissance à nos jours

Instrument emblématique de l’aristocratie européenne des Lumières magnifié par Frédéric II de Prusse, mais aussi et depuis toujours associé à la sensualité, voire à l’érotisme, le son de la flûte, de toutes les flûtes, ou encore la figure du ou de la flûtiste, irrigue l’imaginaire des artistes depuis l’Antiquité2. Songeons, par exemple, au Faune dansant, bronze d’Edouard-Louis Lequesne (1851) source d’inspiration, peut-être, de L’Après-midi d’un faune, poème de Claude Mallarmé (1876), devenu pièce orchestrale par Claude Debussy (1894) puis ballet chorégraphié par Vaslav Nijinsky (1912) avant les nombreuses œuvres de Pablo Picasso sur ce même thème comme La joie de vivre (1946) ou la Bacchanale avec un taureau noir (1958).
Quelles en sont les manifestations et le symbolisme aux périodes moderne et contemporaine dans les arts plastiques, le théâtre, le cinéma, la littérature, la poésie ? Comment et selon quels critères a évolué son répertoire et ses usages, des cours et carnavals baroques jusqu’aux musiques actuelles ? Comment la flûte est-elle-même devenue un instrument politique au service de la démocratisation de la musique dans l’éducation nationale française ?
Cette journée d’étude d’un format innovant est conçue dans une volonté de partenariat entre la pédagogie et la recherche à travers la collaboration, à l’Université de Poitiers, du département de musicologie et du centre de recherches en histoire, histoire de l’art, musicologie et anthropologie (Criham) et le Conservatoire à Rayonnement Régional de Poitiers.
Introduite et close par deux conférences-concert d’Alexis Kossenko (flûtiste soliste jouant toutes les flûtes et chef d’orchestre de Les Ambassadeurs-La Grande Écurie) et de François Veilhan (flûtiste soliste spécialiste de musique contemporaine et pédagogue), elle vise à susciter et faire dialoguer des travaux de chercheurs débutants et confirmés avec plusieurs intermèdes donnés par les élèves du CRR et les étudiant.e.s de l’Université. La programmation d’un film étudié lors de la journée d’étude est envisagée au cinéma Le Dietrich le 3 avril.

Se déroulant à l’auditorium du Pavillon Universitaire Musique et Danse le 4 avril 2024 de 9h30 à 20h, la journée d’étude sera ouverte à toutes et tous sur inscription.

 


1 – Jean Richepin, « La Flûte », La chanson des gueux, Paris, Maurice Dreyfous, 1881, p. 39.
2 – Florence Gétreau, Voir la musique, Paris, Citadelles et Mazenod, 2017.

Séminaire Dialogue des temps : la fabrique de l’épigramme, jeudi 19 octobre 2023

« Faire court » : la fabrique de l’épigramme,

de l’Antiquité à la Renaissance.

 

 

Séminaire Dialogue des temps (groupe Mouseion, équipe CELLAM, Université Rennes 2), jeudi 19 octobre 2023.

14h15-15h15

Céline Urlacher-Becht (U. Strasbourg) :

Qu’est-ce qu’une épigramme littéraire ? Essai de synthèse

15h15-16h15

Virginie Leroux (EPHE) :

L’épigramme dans les poétiques de la Renaissance

Organisation et contact : anne.rolet@univ-rennes2.fr

Lieu : Université de Rennes 2, Campus Villejean, UFR ALC, Bât. B, salle recherche.

 

ERC AGRELITA – Appel à candidature “Chercheurs invités”

Appel à candidature « Chercheurs invités »

ERC AGRELITA

2024

 

Dans le cadre du Projet ERC Advanced Grant AGRELITA n° 101018777, « The reception of ancient Greece in pre-modern French literature and illustrations of manuscripts and printed books (1320-1550): how invented memories shaped the identity of European communities », dirigé par Prof. Catherine Gaullier-Bougassas (Principal Investigator), des résidences de chercheurs invités sont à pourvoir.

Le projet et son équipe sont présentés sur le carnet Hypothèses : https://agrelita.hypotheses.org/

Cet appel à candidature s’adresse à toute personne, française ou étrangère, titulaire d’un doctorat en lettres, histoire de l’art ou histoire, dont les travaux portent sur l’histoire du livre, l’histoire culturelle et politique, les visual studies ou encore les memory studies, et dont les compétences, enfin, sont complémentaires à celles de l’équipe. En effet, le but de ces résidences est d’ouvrir les réflexions menées par l’équipe, d’élargir son activité scientifique par une interaction avec d’autres chercheurs et d’autres universités. Les chercheurs invités auront quant à eux l’opportunité exceptionnelle de participer à un projet d’ampleur, de mener des activités au sein d’une équipe dynamique dont les activités sont très variées et au sein de l’Université de Lille et du laboratoire ALITHILA où exercent de nombreux spécialistes du Moyen Âge et de la Renaissance, et de publier dans un cadre prestigieux.

Le projet AGRELITA est basé à l’Université de Lille. Situé dans le nord de la France, Lille est une ville au cœur de l’Europe : 35 mn de Bruxelles, 1 h de Paris, 1 h 20 de Londres ou encore 2 h 40 d’Amsterdam et 2h30 d’Aix la Chapelle. Résider dans cette métropole offre la possibilité de découvrir le riche patrimoine médiéval des Flandres et d’effectuer des recherches dans les bibliothèques, musées et archives avoisinants, aux très riches fonds patrimoniaux (Lille, Saint-Omer, Valenciennes, Boulogne-sur-Mer, Cambrai, Arras, Bruxelles).

Projet ERC Advanced Grant AGRELITA

L’histoire de la réception de la Grèce antique en Europe occidentale pré-moderne s’est concentrée jusqu’ici presque exclusivement sur la transmission des textes de l’Antiquité grecque. Pourtant, bien avant la renaissance de l’enseignement du grec, de nombreux ouvrages vernaculaires, souvent illustrés, contenaient des représentations élaborées de la Grèce antique. AGRELITA étudie un large corpus d’œuvres littéraires de langue française (historiques, romanesques, poétiques, didactiques) produites de 1320 à 1550 en France et en Europe, avant les premières traductions directes du grec au français, ainsi que les images offertes par leurs manuscrits et livres imprimés. L’examen de ces œuvres et de leurs illustrations (dialogue du texte et de l’image et pouvoirs spécifiques de chacun) permet d’analyser les représentations de la Grèce antique dans la perspective encore inexplorée de l’élaboration d’une nouvelle mémoire culturelle. Elles sont ainsi étudiées en lien avec leur contexte politique, social et culturel, ainsi qu’en lien avec les œuvres des littératures européennes proches et leurs illustrations. Se situant aux frontières des études littéraires, de l’histoire du livre et de l’histoire de l’art, des visual studies, de l’histoire culturelle et politique et des memory studies, AGRELITA propose une réévaluation du rôle joué par la Grèce antique dans les processus de formation des identités en Europe occidentale. Le projet vise également à contribuer à une réflexion générale sur la formation des mémoires, des héritages et des identités.

Missions des chercheurs invités

Le projet ERC Advanced Grant AGRELITA est financé pour cinq ans (2021-2026) et dispose d’un budget dédié à l’accueil de chercheurs invités. Il est basé à l’Université de Lille, dans la faculté des Humanités (https://humanites.univ-lille.fr/) et le laboratoire ALITHILA (Analyses littéraires et histoire de la langue), domiciliés sur le campus Pont de Bois à Villeneuve d’Ascq. Les séjours peuvent être d’une durée de 4 à 6 semaines, et en 2024 pourront avoir lieu en mai-juin.

Les chercheurs invités travailleront avec la Principal Investigator et l’équipe AGRELITA.

Les chercheurs invités s’engageront à produire une recherche pour le projet. Il s’agira de :

  • rédiger un article de 50 000 signes qui paraîtra dans l’un des volumes ERC AGRELITA chez Brepols publishers, ou dans l’un des dossiers publiés en revues
  • présenter le sujet de l’article ou un autre sujet lié à AGRELITA lors d’une séance du séminaire de l’équipe
  • contribuer à l’alimentation du carnet Hypothèses : https://agrelita.hypotheses.org/

Les axes de recherche du projet pour l’année 2024 sont « Inventions de mythes d’origine grecque », « Les nouvelles vies des divinités grecques (XIVe-XVIe siècles) » et « Violences et culture du viol dans la réception des mythes grecs (XIVe-XVIe siècles) ». (Argumentaires à venir dans la rubrique « Événements AGRELITA » du site du projet : https://agrelita.hypotheses.org/ )

Conditions de défraiement des frais de mission

Les chercheurs invités seront défrayés sous la forme de frais de mission, sur la base d’un montant forfaitaire de 2000 euros maximum par mois, pour les frais de résidence à Lille, à partir de leurs justificatifs (logement, repas et transport dans la région Nord). Un montant forfaitaire maximal de leurs frais de voyage entre la résidence d’origine et Lille (pour le voyage d’aller et de retour) s’ajoutera à ce forfait :

– 400 € pour un voyage depuis un pays européen (sur la base de justificatifs) ;

– 1200 € pour un voyage depuis un pays hors Europe (sur la base de justificatifs)

 Le défraiement se fera à l’issue de la mission. AGRELITA ne s’occupera pas des démarches de visas.

L’Université de Lille possède un partenariat permettant de louer des studios à la Résidence Universitaire Reeflex : https://reeflex.univ-lille.fr/chercheur ; ainsi qu’à la Maison Internationale des Chercheurs : https://www.crous-lille.fr/se-loger/je-cherche-un-logement/notre-offre-logement-courts-sejours/4883-2/ Les chercheurs invités peuvent en faire la demande et l’équipe AGRELITA se chargera de les aider pour la réservation, dans la limite des places disponibles.

Modalités pour candidater

Le dossier de candidature doit comporter les pièces suivantes :

  • Le formulaire de candidature, comportant les dates du séjour (durant la période indiquée plus haut)
  • Un projet de recherche (2 pages) en lien avec les thématiques des sujets traités par l’équipe AGRELITA durant ce séjour, à partir duquel le/la chercheur entend rédiger l’article demandé, à rendre à la fin du séjour. Le titre provisoire de l’article est exigé.

Nous vous prions d’envoyer votre candidature au format PDF aux adresses suivantes : catherine.bougassas@univ-lille.fr et erc-agrelita@univ-lille.fr Les dossiers peuvent être soumis avant le 1erfévrier 2024.

Pour plus d’informations sur l’ERC AGRELITA, voir : https://agrelita.hypotheses.org/

Formulaire de candidature à télécharger ici.

“Le Livre noir” n°4 (1516-1521). Un registre de cour criminelle à Fribourg

 Le livre noir no 4 (1516-1521), Lionel Dorthe (éd.), Fribourg, 2022, 212 pages.

Un registre de cour criminelle contenant les procès de la lie de la canaille : brigands, voleurs et voleuses, escrocs, sorciers et sorcières, qui sont jugés et condamnés à Fribourg.

 

 

Le Livre noir n° 4 (1516–1521) édité par Lionel Dorthe

Le Livre noir (Das Schwartz Büch) n° 4 tire son nom de la couleur de sa couverture en parchemin, noircie à la cendre. Il appartient à la série des Thurnrodel (registres des tours), qui contiennent les procès-verbaux des interrogatoires menés dans les prisons fribourgeoises par le tribunal de la ville. Les procès menés contre les prévenus, accusés de brigandage, vol, crime contre-nature ou sorcellerie, sont rédigés dans leur langue, français ou allemand, témoignant du bilinguisme en vigueur à Fribourg. La présente édition est la première d’un tel registre faite au complet. Elle est par ailleurs assortie d’extraits de sources en lien avec les affaires criminelles qui y sont contenues (comptes-rendus des séances du gouvernement, comptabilité urbaine, procès menés dans une juridiction voisine).

La Bibliotheca Otolandana est une collection fondée et dirigée par Lionel Dorthe, publiée sous les auspices des Archives de l’État de Fribourg. Elle a pour mission l’édition scientifique de sources historiques qui y sont conservées et/ou qui ont un lien avec l’histoire fribourgeoise.

Contact/commande : archivesetat@fr.ch

CHF 29 jusqu’au 30.04.2024, ensuite CHF 39

La mort de Marc-Antoine. Enquête sur les comédiens italiens à Paris en 1559

Guy-Michel Leproux, La mort de Marc Antoine. Enquête sur les comédiens italiens à Paris en 1559, Paris, 2023, 128 p., 11 ill., 27 euros.

 

 

Au début de l’été 1559, le comédien vénitien Macantonio Sidonio, que les Français appelaient Marc Antoine, était à Paris où il préparait un spectacle destiné à être joué devant le Roi à l’occasion des noces d’Élisabeth de Valois. Le 7 juillet, au matin, on trouva son corps percé de trente-sept coups d’épée dans la chambre qu’Alphonse d’Este, prince de Ferrare, avait mis à sa disposition à l’hôtel de Reims. L’enquête qui fut menée par la justice de la Prévôté de l’Hôtel apporte un éclairage sur ce drame et fournit, grâce aux dépositions des témoins et des suspects publiées ici in extenso, un témoignage exceptionnel sur la vie des troupes italiennes dans la capitale sous le règne de Henri II.

Pour commander l’ouvrage, s’adresser à : ihp@gmx.fr.

La Bibliothèque bleue : réemploi et révision textuels

Colloque international, université Grenoble Alpes, amphithéâtre de la MSH, 21-22 mars 2024

La Bibliothèque bleue : réemploi et révision textuels

Appel à communications

 

 

La Bibliothèque bleue est une collection de livres à succès qui a abondamment alimenté le marché français de l’édition entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. Elle doit son nom à l’habitude des imprimeurs de ses débuts de protéger les feuillets fragiles et mal reliés des exemplaires par du papier bleu-gris. Ces ouvrages à l’aspect rudimentaire, accessibles à toutes les bourses et transportables par des colporteurs, ont été produits dans des régions alphabétisées, dans un premier temps la Champagne et la Normandie. Environ cinquante villes ont été impliquées au total, dont dix principales : Troyes, Rouen, Caen, Limoges, Avignon, Toulouse, Orléans, Tours, Lille, Épinal et Montbéliard. Les titres concernés sont au nombre d’environ quatre-cents ; les cent premiers constituent le noyau dur du répertoire. On peut en consulter des exemplaires dans des bibliothèques du monde entier, dont les principales sont, pour la France, la Médiathèque du Grand Troyes (catalogue en ligne avec de nombreuses éditions numérisées), la Bibliothèque du Mucem (catalogue prochainement mis en ligne) et la Bnf, malgré une grande déperdition dans le temps.

Le phénomène éditorial n’a été reconnu que tardivement par la critique comme un objet digne d’étude. Après les travaux d’histoire sociale et d’histoire de la lecture de R. Mandrou dans les années 1960, sont venus ceux d’histoire de la lecture et de l’édition de R. Chartier et ceux d’histoire de l’édition et les analyses littéraires de G. Bollème et de L. Andries à partir des années 1980 jusqu’au début des années 2000. Aujourd’hui on commence à prendre en compte sa dimension provinciale, comme l’attestent les recherches de M.-D. Leclerc et de J.-D. Mellot. On se met aussi à discuter sur ses bornes temporelles. Les spécialistes retiennent traditionnellement l’année 1600, voire précisément le début de l’activité de Nicolas I Oudot (c. 1606-1636) à Troyes, comme terminus a quo. Mais H. Blom remarque à juste titre que les romans produits notamment par Pierre I Rigaud, Jean-Antoine III Huguetan et Claude Chastellard à Lyon sont proches dans leur contenu et leur facture de ceux qui ont été publiés à la même époque par Nicolas I Oudot à Troyes et par Pierre Mullot et les Costé à Rouen, ce qui l’incite à étendre la notion de « Bibliothèque bleue » à des éditions produites à partir des dernières années du XVIe siècle dans ces trois centres. Il nous semble pour notre part que ce n’est qu’avec Nicolas II Oudot (1640-1677) à Troyes que prend forme une volonté de concevoir des éditions pour une diffusion à grande échelle et à faible coût. Alors que son père veillait encore à soigner la facture des romans et des livres de piété qu’il imprimait, à la manière précisément de ses confrères lyonnais et rouennais, N. II sélectionne certes des versions vulgarisées d’anciens titres, produits originellement pour un lectorat restreint, mais les configure pour le grand public. L’identification du terminus ad quem de la collection pose moins de difficultés : la production de livres bleus faiblit considérablement vers 1830 et s’arrête tout à fait au milieu du XIXe siècle. La collection se définit donc par des stratégies d’impression massive et à bas coût en vue de capter un lectorat très large.

Un point en particulier reste mal éclairci par la critique : la façon dont se met en place le mécanisme du réemploi et de la révision textuels. Le réemploi consiste d’abord dans la reprise de titres produits antérieurement. Au début de la collection, dès 1640, on trouve surtout des œuvres composées et remaniées entre le XIVe et le XVIe siècle. Des domaines variés, recouvrant différents genres de textes, sont concernés : l’instruction (abécédaires, arithmétiques, livres de civilité), la morale et la dévotion (œuvres morales, vies de saints, pèlerinages, noëls), les métiers (manuels de botanique, jardinage ou médecine), l’imagination (contes de fées, romans), les pièces à rire (chansons, cris de ville), et même la magie et les sciences occultes (livres de secrets, Prophéties de Nostradamus). Le contenu des textes publiés selon la formule de la Bibliothèque bleue correspond souvent à une forme plus ou moins simplifiée d’ouvrages encyclopédiques relatifs aux domaines correspondants.

Les titres sélectionnés font ensuite l’objet d’une révision plus ou moins importante. Les imprimeurs sollicitent en effet des réviseurs anonymes, qui héritent des techniques de sélection et de vulgarisation des textes mises en œuvre à partir du XVe siècle et qui se sont perfectionnées jusqu’au début du XVIIe siècle. Les modifications opérées peuvent être réparties en trois catégories : celles qui portent sur la structure du texte et sur le péritexte (découpage en sections, chapitres et paragraphes, nombre d’illustrations), celles qui touchent au contenu (suppression, ajout ou transformation de passages, qu’il s’agisse de segments de phrases, d’un ensemble de phrases ou de paragraphes entiers) et celles qui concernent la langue (orthographe, ponctuation, lexique et syntaxe). Concernant les modifications du contenu textuel, R. Chartier remarque le rôle de la censure, qui semble purger progressivement les textes de toute évocation du « bas matériel et corporel » et du blasphème.

Partant du constat d’une cohérence d’ensemble des choix faits pour sélectionner et réviser les œuvres, qui sont d’ailleurs à l’origine de l’existence même d’une collection, nous émettons l’hypothèse qu’un véritable travail d’édition est effectué dans les ateliers des imprimeurs. Contre l’idée d’une inertie de ces derniers, nous souhaitons voir comment se manifeste au plan textuel une volonté de faire des livres que l’on qualifie à raison aujourd’hui « de grande diffusion », plutôt que de « populaires », car les lecteurs n’appartiennent pas nécessairement au peuple. Nous souhaitons centrer l’enquête sur les débuts de la collection (1640-1700), sans exclure les ouvertures au-delà de cette période. Les travaux pourront porter sur un titre en particulier ou un ensemble de titres relatif à un genre, sur les stratégies éditoriales d’un imprimeur en particulier ou d’une dynastie d’imprimeurs ou sur d’autres aspects de la constitution et du développement de la collection. Ils gagneront à adopter une démarche philologique, de façon à fonder de manière solide les analyses du devenir des titres à l’entrée dans la collection (1640-1700) et, si nécessaire, dans les décennies suivantes. Nous invitons à procéder à la comparaison des états textuels avec l’amont (les texte-sources du XVIe siècle et des siècles précédents) et éventuellement avec l’aval (les éditions du XVIIIe siècle).

Toutes les pistes qui permettent de cerner les modalités et les enjeux des choix effectués par les éditeurs de la Bibliothèque bleue sont bonnes à suivre. Plusieurs semblent particulièrement prometteuses :

  • –  le travail de sélection : une fois identifiée l’œuvre à l’origine de tel ou tel titre, il faut déterminer la ou les éditions qu’a pu consulter tel ou tel éditeur ; il s’agit aussi de voir la position de celles-ci dans la tradition textuelle ;
  • –  le travail de révision : il serait bon de repérer les remaniements effectués et d’en identifier la nature, matérielle ou textuelle ; au plan matériel, cela implique d’examiner la mise en page et le péritexte, notamment les illustrations ; au plan textuel, cela amène à voir le découpage en sections, les ajouts ou les suppressions de passages et les choix linguistiques ; il faudrait alors se demander si ces interventions changent la lecture du texte, qu’elles la facilitent ou l’orientent idéologiquement :
  • –  l’évolution du texte ou des textes au sein de la collection : il semble intéressant de comparer les versions d’un même titre entre les différents centres de production et d’un imprimeur à l’autre au sein d’un même centre de production ; cela permettrait de mettre au jour la filiation des éditions bleues et de voir s’il y a ou non une permanence du texte une fois le titre entré dans la collection.

Les propositions de communication, qui prendront la forme d’un résumé de 5 à 10 lignes assorti d’un titre, sont attendues pour le 1er décembre 2023 au plus tard.

 

Comité scientifique

Helwi Blom (Radboud Universiteit)
Marie-Dominique Leclerc (Université de Reims Champagne-Ardenne) Elisa Marazzi (université de Milan)
Jean-Dominique Mellot (Bnf)

Comité d’organisation

Pascale Mounier (université Grenoble Alpes, UMR 5316 Litt&Arts) Pauline Saccol (université Grenoble Alpes, UMR 5316 Litt&Arts)

Contact

mounier.pascale@wanadoo.fr

pauline.saccol@univ-grenoble-alpes.fr

 

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Le métier de peintre en Europe au XVIe siècle

Le métier de peintre en Europe au XVIe siècle, sous la direction de Michel Hochmann, Guy-Michel Leproux et Audrey Nassieu Maupas, Paris, 2023, 773 pages, ill. en couleurs, ISBN : 978-2-490448-12-8.

Le projet « Pictor » a réuni pendant cinq ans des historiens de l’art français, italiens, espagnols, suisses et belges qui s’étaient fixé comme objectif commun d’examiner, dans une approche comparatiste, les conditions d’exercice du métier de peintre au XVIe siècle dans les grands centres artistiques européens, en liaison avec l’étude de la mobilité des artistes. Leurs recherches et la confrontation de leurs résultats à l’occasion de plusieurs journées d’études et colloques leur ont permis d’apporter des éclairages nouveaux sur de l’art de la Renaissance, à une époque où le travail était encore largement réglementé.

Ce volume est la synthèse de leurs travaux, qui ont été regroupés sous quatre grands thèmes : la population des peintres dans les grands centres artistiques européens, la réglementation du métier et ses conséquences sur la production, la formation des peintres et la question des savoirs, des méthodes et des techniques.

Consulter la table des matières ici.

Pour commander l’ouvrage, s’adresser à : karolina.kaderka@ephe.psl.eu

Louise Labé. Vade-mecum

Max Engammare (éd.), Louise Labé. Vade-mecum, Genève, Droz, Collection Courant critique, 2023.

La Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance a publié depuis près de quatre-vingts ans une dizaine d’articles consacrés à Louise Labé, à sa famille, aux Euvres de 1555, à ses poètes, à quelques interprétations et réemplois. La quasi-majorité d’entre eux est rassemblée dans ce volume de la collection Courant critique. Il a en effet semblé important de rassembler ces pages soumises naguère ou très récemment au Comité de la revue. Celles-là offrent une histoire partielle, mais originale et non banale, de la réception du volume publié par Jean de Tournes au milieu du XVIe siècle et des questions plus récentes de la persona littéraire de l’auteure ou des auteurs des Euvres, de Louise Labé et de ses poètes. « Amies lectrices et compagnons lecteurs, lisez les articles et les livres favorables à une thèse ou à une autre, et forgez-vous votre opinion, c’est la liberté et l’incertitude qu’offre la littérature, puis lisez et relisez les sonnets parus sous le nom de Louïze Labé, ainsi que ceux de “ses poètes”, ils sont parmi les plus beaux écrits au siècle des Valois. » (extrait de la préface)

 

Table des matières

Mot de l’éditeur

Mireille HUCHON, « Louise Labé et ses poètes. Vade-mecum »

Stéphan HELLIN, « Louise Labé : signature, patronyme et identité »

Jean Paul BARBIER-MUELLER, « Ne vouloir rien fors que toy comprendre. Défense et illustration de Louise Labé »

Jean VIGNES, « Compte rendu de Louise Labé. Une créature de papier »

Emmanuel BURON, « Le réemploi dans les Escriz de divers poëtes à la louenge de Louize Labé (Baïf, Tyard et Scève) »

Donald STONE JR, « Labé’s sonnet 12: a new reading »

Sharlene May POLINER, « “Signes d’amante” and the dispossessed lover: Louise Labé’s poetics of inheritance »

Georges TRICOU, « Louise Labé et sa famille »

Voir le site de l’éditeur.

God’s armed prophet : Zwingli

Bruce Gordon, God’s armed prophet : Zwingli, Yale, Yale University Press, 2021, 376 p.

C’est une magistrale biographie du réformateur suisse Ulrich Zwingli (1484-1531) que l’historien Bruce Gordon, titulaire de la chaire d’histoire ecclésiastique à l’université de Yale et auteur de plusieurs livres fondateurs sur Calvin et la réformation suisse, brosse dans son nouvel ouvrage.

Particulièrement documentée, cette biographie propose un portrait renouvelé de Zwingli, en s’appuyant sur une lecture attentive des sources, et notamment des relations épistolaires de ce dernier avec ses contemporains. Organisé en douze chapitres successifs, l’ouvrage prend le temps de replacer le prédicateur dans le contexte plus large de la Réforme protestante, en insistant sur la dimension politique de l’œuvre de Zwingli, sa volonté de transformer l’église et la société de Zurich, mais il insiste aussi sur la personnalité complexe du réformateur suisse, homme charismatique, souvent emporté par ses élans de colère et ses décisions inflexibles afin de concrétiser sa vision religieuse singulière. Les premières lignes du livre, qui débutent par la mort de Zwingli en 1531 et la disparition immédiate du corps de ce dernier, puisqu’il est réduit en cendres et mélangé à du sang de cochon (p. 1), donnent le ton de l’ouvrage tout entier : souci du détail et effort de contextualisation permanent. Les titres des chapitres soulignent les moments clés de la vie de Zwingli, mais aussi les paysages et les rencontres qui ont formé l’homme et ont laissé sur lui une empreinte indélébile. Né dans un village des Alpes, nommé Wildhaus, dans la vallée de Toggenburg le 1er janvier 1484, le jeune Zwingli grandit au milieu de ses montagnes élancées vers le ciel et pour lesquelles il gardera toujours un profond attachement. Bruce Gordon décrit l’enfance du futur réformateur, ses études, sa découverte de l’humanisme et des textes antiques à Bâle, son attachement surtout à sa terre natale, pays de héros et de mythes. En 1507, la première histoire de la Confédération suisse, les Chroniques de la louable Confédération, paraît à Bâle, c’est-à-dire un an après que Zwingli ait terminé ses études dans la cité. Or, lorsqu’il devient l’architecte de la Réforme en Suisse, Zwingli n’a rien oublié du passé glorieux de sa nation et se découvre même profondément nostalgique de ce âge perdu qu’il voudrait faire renaître. Imprégné de la Bible et de la sagesse des Anciens, il cherche la voie à suivre pour que le temps des héros puisse rejaillir et il est convaincu que la Réforme autorise ce rêve. Dans ce cheminement intellectuel et spirituel, sa rencontre avec Érasme est décisive : comme l’écrit Bruce Gordon, le prince des humanistes « electrified a young generation of scholars with his call for a return of the sources of the Christian faith » (p. 35). Érasme devient à la fois le mentor et l’ami de Zwingli qui partage avec lui sa lecture de sa philosophie du Christ (philosophia Christi).

Les chapitres qui se succèdent livrent avec une grande régularité une réflexion stimulante et détaillée de la vie et des tourments du réformateur. Le chapitre trois par exemple, intitulé « Disruptive, 1519-1522 », est remarquable tant il décrit avec soin l’arrivée de Zwingli à Zurich : l’atmosphère de la cité est recrée et on croit entendre les sermons du jeune Zwingli dénonçant les mœurs dépravés du clergé face à des familles patriciennes outrées qui résistent à son influence et tente de l’annihiler. Zwingli est peint comme un jeune homme qui hésite encore entre plusieurs directions, pleinement conscient du faible soutien dont il bénéficie dans la population locale. Sa tactique consiste alors à sans cesse attiser ses adversaires dans des débats ouverts qu’il sait être capable de remporter (p. 87). La subtilité de la pensée théologique de Zwingli, ses influences et ses évolutions, est décrite au fil des pages du volume, tout comme sa rupture retentissante et douloureuse avec Érasme (chap. 4 « Divergent visions, 1523-1524 ») et sa relation tourmentée avec Martin Luther. Puis c’est le Zwingli guerrier qui apparaît, celui qui meurt sur le champ de bataille, incapable de contrôler l’élan réformateur qu’il a lancé. Dans de très belles pages, Bruce Gordon redonne vie à ce Zwingli exalté, anxieux, dépassé aussi par la violence qu’il a lui-même engendrée.

Appuyé par un appareil critique simple, mais efficace (une courte chronologie, deux cartes), l’ouvrage offre de belles illustrations couleurs dans son cahier central et des notes riches et détaillées à la fin. Ce portrait sensible et informé de Zwingli est appelé à faire date tant il permet de redonner toute sa place au réformateur suisse trop souvent occulté dans l’historiographie par les figures majeures de Luther et de Calvin. Face à elles, Bruce Gordon propose un Zwingli vivant, fougueux, écartelé entre ses haines et ses amitiés, entre sa connaissance de l’amour du Dieu fait homme des Évangiles et sa fascination pour le Dieu vengeur de l’Ancien Testament, un réformateur farouchement radical et définitivement torturé : God’s armed prophet.

Marie Barral-Baron

Université de Franche-Comté